Sunday, October 29, 2006

Installation Urban Gallery, Marseille, octobre 2006

Pour cette pièce, je me suis installé à la transition entre la galerie et le jardin : le perron et les marches.
La galerie est riche en moulures et staff. Ce sont des motifs végétaux la plupart du temps. Feuilles d'acanthe et fleurs un peu partout.
Le jardin, lui, donne à voir les plantes originales, expansives, luxuriantes comparée à la géométrie stylisée de l'intérieur.
Entre les deux, j'ai appliqué mon savoir-faire: des feuilles et des fleurs. La pièce est élaborée le long d'une fissure qui se propage et court depuis le mur du perron jusqu'au bas de l'escalier. Sur le parcour, toutes les parties dégradées du bâti sont emplies par des motifs floraux. L'ensemble se propage sur le fil de la fissure, parfois ténu.
Cette fois, je disposai de très peu de temps, deux jours pour la réalisation en tout et pour tout.
J'ai choisi de me dérober au regard, de me placer hors du champ de vision, et de maintenir l'ambiguité entre ornement et renforcement du bati. Je suis intervenu comme si je devais traiter un problème de construction, et stopper l'expansion de cette fissure.
Les motifs sont très rapidements exécutés, dans le plâtre frais. La rapidité d'exécution donne une spontanéité proche du baroque. Le bricolage prend une dimension très charmante pour l'oeil, le foisonnement suppléé à la faiblesse du détail.



installation Aout 2006, Aix-en-Provence

Cette installation a été réalisée dans un hangar agricole près d'Aix-en-provence.

Un feuillage recouvre une partie du sol et monte le long d'un pilier. La forme arrondie du tapis sur le sol évoque un revêtement plastique, les feuilles sont comme des écailles. Le processus se développe à partir de la périphérie et se propage mécaniquement, englobant le pilier. La limite supérieure se situe un peu au dessus du champ de vision, à environ deux mètres.

La forme pourrait être inscrite dans un cube. Le lieu était haut et ouvert, ce qui m'a conduit à envisager une forme très autonome, très concentrée, et dense.

Le tapis au sol mettait le visiteur en tension, car on ne pouvait pas atteindre le pilier sans se mettre très en déséquilibre, et donc sans risquer de piétiner le sol. Pourtant le feuillage est très attractif et appelle la main.

Enfin, comme souvent dans mes pièces, la question du procédé était mise en avant. On se demande si les feuilles sont posées une à une, ou si il n'y a pas un moule qui éviterait de répéter le même geste des miliers de fois. En regardant bien, on voit qu'il n'y a pas de réptition dans le motif, et que les feuilles sont bien posées une à une.
Dès lors, la pièce esthétiquement très simple et évidente prend une dimension obsessionnelle qui la rend plus étrange. L'espace investi est innaccessible, recouvert de manière obsessionnelle par un feuillage fragile et blanc, il devient pur, vierge, immaculé. L'effet globalement séduisant de cette réalisation se montre plus inquiétant qu'il n'y paraissait au premier abord.




Sunday, April 09, 2006

installation au Château de Servières, Marseille, mars 2006

Cette installation in situ a été réalisée en trois semaines pour le Chateau de Servières.
J'utilise un langage proche de l'artisanat, des motifs floraux et des feuilles de vigne. Toutes la décoration est sculptée, et vient se greffer sur les éléments existant comme les tuyaux de radiateurs ou les prises électriques.
Le travail est conçu pour accompagner la déambulation des visiteurs. Dans les deux premières salles, l'intervention se maintient à la périphérie du regard, dans la bas de la pièce. Dans la dernière salle, la pièce devient un environnement à part entière. Le feuillage sculpté dans le plâtre recouvre uniformément tout le mur. Le couloir est une ébauche de labyrinthe, dont on ne sait pas où il mène en y entrant, et dans lequel on avance pour vérifier s'il n'y a rien de caché au bout. L'attention se pose ensuite sur le feuillage, dont l'uniformité devient ambigue quand on voit que le motif n'est pas un moulage, mais une sculpture, et que les feuilles ont été creusées une à une, alors qu'on pensait plutôt à un moulage.

installation au Château de Servières, Marseille, mars 2006











Installation au château de Servières, Marseille / Mars 2006









Monday, November 14, 2005

Biennale Design, Saint Etienne 2002






…nous avons pu remarquer que les spectateurs venant voir l’expo attendaient la plupart du temps une « lisibilité » des pièces (peut-être est-ce un attendu propre au design). Or ici, ce qui se produit est que l’assemblage des modules est très ludique donc très accessible, mais que leur application dans l’espace recoupe des problématiques que l’on ne s’attend pas à voir présentes dans le champ du design. Ces pièces viennent souligner un espace, lier d’autres œuvres entre elles, créer des zones de dialogue transdisciplinaires (architecture / design / art).

Comme pour les autres travaux, cela créé une déconvenue par rapport aux attendus formels et esthétiques des visiteurs de la biennale de design, et des confusions entre les « genres » qui vaudront à l’expo d’être très bien accueillie dans la plupart des cas, ou carrément rejetée dans d’autres pour ces « déconvenues » assez ludiques qu’elle occasionne.

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Art dans la ville, Saint Etienne 2003.







Projet Art dans la Ville juin 2003.

Protagonistes : Chloé Heyraud, Nicolas Simon, Jean-Baptiste Sauvage, Jean-Marie Hégoburu, Laurent Marenthier, Raphael Pigeat.

Le projet : L’exposition pour art dans la ville sur laquelle nous travaillons en ce moment s’inscrit dans un lieu particulier, au sein même d’Emmaüs. Le premier étage du bâtiment, avec une vue plongeante sur la salle des ventes, devient durant deux mois notre espace ravail, de recherches en commun, une façon d’élaborer une exposition qui nous semble naturelle, partant du principe simple que des pièces sont conçues, construites sur place, avec un rapport au lieu ( architecture, histoire) parfois très présent. Cette exposition s’inscrit dans une série de « présentations » dont le point de départ à été le projet réalisé à l’occasion de la biennale de design 2002, ou nous avions investit un ancien atelier dans lequel on pouvait voir divers réalisations, peinture, sculpture, vidéo.

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Biennale de design,Saint Etienne, nov 2004





Huesca, okuparte, avril 2005.





Deux pièces en plâtre réalisées in situ.

C’est un travail sur l’équilibre, entre le brut et la finition, sur le passage du trou à la surface, sur l’émergence, la naissance, l’efflorescence, et la fécondité (fleurs et fruits). La symbolique évoque le jardin d’Eden (feuilles de vigne) et plus avant l’Immaculée Conception (coulure de plâtre).

C’est aussi un jeu sur les clichés de la sculpture car les motifs ornementaux en occident ne servent habituellement qu’à combler des vides, et ne sont pas la matière même de la pièce. On peut toutefois penser qu’un personnage est absent des deux niches.


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